La maison des Lulus !

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L'isolation en paille

Nous isolerons tous les murs de la maison avec des bottes de paille (bio).

 

Un peu de théorie...

Pour rappel, les dimensions d'une botte dépendent de la botteleuse/presse dans laquelle les brins passent avant d'être compressés et ficelés en bottes. La largeur et la hauteur du caisson de la botteleuse sont celles des bottes, la longueur peut varier selon le moment où on "finit" la botte avec la ficelle.

Nos bottes font 35cmx45cm (dimensions fixes) x 60 à 70cm de long

 

Plusieurs techniques existent, nous en avons retenues deux :

- sur 3 façades (Nord, Est et Ouest), nous poserons les bottes contre le contreventement et "debout", ce qui permet d'avoir toujours la même dimension (la largeur de la botte) sans avoir de recoupe de bottes à faire (sauf pour la dernière botte de chaque colonne), ce qui fait gagner du temps.

- sur la façade Sud (façade non contreventée), la botte est posée centrée par rapport aux montants et est mise à plat entre les montants dans le sens de la longueur (dimension variable).

Petit rappel avec le schéma des fondations pour illustrer ici la différence de position des bottes de paille dans l'ossature selon les façades...

 

 

Place aux travaux pratiques...

 

 

Façades Nord, Est et Ouest :

Nous avons choisi de faire des caissons un peu plus petits (41 cm en moyenne) que la largeur de la botte (45 cm), ce qui implique de couper (avec un engin spécial) un côté de la botte sur 22 cm (la profondeur du caisson), ce qui fait que le reste de la botte (35-22=13cm) recouvre le montant, ce qui permettra de ne plus le voir et d'avoir de la paille partout, ce qui facilitera l'étape de l'enduit.

Si nous avions gardé un caisson à 45 cm, nous aurions pu certes mettre les bottes directement, mais il aurait fallu boucher tous les espaces des montants entre les bottes avec un mélange terre-paille, ce qui aurait été long et probabalement moins isolant.

 

On coupe donc la botte de paille aux dimensions souhaitées avec une scie universelle ...

 

 

La botte se présente ainsi (encoche en haut à droite, la partie plus longue en haut à gauche couvrira le montant) :

 

 

Puis on l'insère entre les montants, et si elle résiste, il faut forcer avec les moyens du bord  (planche, jambe ou mieux un persuadeur, massue en bois très large, à fabriquer).

Voilà ce que ça donne vu d'en haut (encoche dans la botte sur le côté gauche, ce qui recouvre le montant de gauche, celui de droite sera recouvert par l'encoche de la botte qui sera placée à droite de celle-ci) :

 

 

Ensuite, nous avons choisi de suivre les recommandations de J.P. Oliva et S. Courget en mettant des tasseaux entre les bottes : dans le cas contraire, la colonne de bottes de paille peut se tasser sous son propre poids ce qui peut laisser un vide à terme en haut des bottes (il y a 3 à 4 bottes par colonne, de 10 à 12kg chacune, soit 30 à 40 kg au total), le tasseau fixé au dessus de la botte dans les montants limite le tassement pour chaque botte à son propre poids.

(D'autres techniques existent pour parer à cela, comme la mise sous tension des bottes qui les tasse au maximum, avant de mettre la dernière botte de la colonne : quand on relâche la tension, les bottes remontent et bloquent la dernière, la compression potentielle exercée dans le temps sur les bottes ayant déjà été appliquée.)

 

Pour anticiper le tassement de chaque botte par son poids, on applique un poids sur celle-ci, en l'occurrence, le nôtre !

Une personne (ici Pauline) monte sur la botte après que le tasseau y a été posé, et quelqu'un d'autre (ici Aurélien) visse le tasseau pour le fixer dans les montants :

 

 

Une fois qu'on descend de la botte, le poids qu'on exerçait demeure grâce au tasseau qui garde la compression :

 

 

Pour la botte suivante, l'espace est trop restreint pour monter et permettre à qui que ce soit de visser le tasseau. Nous avions vu (chez Patrick et Marie) qu'un cric pouvait être utilisé en haut de colonne, mais là nous en sommes encore loin et ça faisait beaucoup de cales de bois à mettre pour pouvoir reprendre la poussée du cric...

Mon père (Pascal) a trouvé une ingénieuse solution pour parer à cette difficulté. 

Il a fabriqué un embout pour remplacer la manivelle du cric...

 

 

... ce qui permet de déployer le cric avec une visseuse : plus rapide (il faut y aller doucement, cela se déploie à une vitesse record) et peut être utilisé seul (au lieu d'un à tenir le cric et l'autre à tourner la manivelle).

Il a également "customisé" le cric avec un pied métalique pour rallonger sa portée. A l'oeuvre, voilà ce que ça donne avec Ludo aux manettes :

 

 

Le tasseau en place (entre la botte et le cric) est ensuite vissé, et le cric replié.

La botte suivante (ou 2 petites) doit être à la dimension exacte restante en haut de la colonne, ce qui implique souvent de la re-ficeler à la bonne dimension, puis on l'insère en force en se servant d'une planche comme d'un chausse-pied.

 

 

(je vous mets bientôt une photo...).

 

 

Et au besoin on la fait rentrer avec des coups de persuadeur (nom de ce gros marteau, ce n'est pas un surnom pour Ludo...) .



Une fois les colonnes remplies de bottes de paille, les montants ne sont plus visibles : cette partie est complètement isolée et pourra recevoir l'enduit.

Voilà ce que ça donne pour 4 colonnes isolées (fin décembre 2012)...


 

 

... et pour un mur entier, ici dans notre future chambre en janvier 2013 :

 

 

 

Façade Sud :

Sur cette façade, il n'y a aucun panneau pour bloquer les bottes, qui sont posées à cheval par rapport à l'épaisseur des montants, et sur la tranche. Les 2 côtés seront enduits : l'extérieur en chaux et l'intérieur en argile :

 

 

Les entraxes pour ce mur sont bien plus larges que pour les autres murs (environ 70 cm ici contre 40 cm ailleurs).

Cette dimension correspond  à la longueur moyenne des bottes, et comme il y a finalement assez peu de bottes pour cette façade, il suffit de chercher un peu dans le tas de bottes pour en trouver piles de la bonne dimension.

Les bottes sont empilées, et dans ce sens les brins s'imbriquent les uns dans les autres.

Les 4 premières bottes de chaque colonne sont rapidement mises en place par Joël et Simon (venu en chantier participatif mi-janvier).

 

 

En moins d'une journée pour presque toute la façade Sud est isolée, au rez-de chaussée et à l'étage !!!

 

 

La dernière botte de chaque colonne est plus longue à mettre en place : il faut tasser toute la colonne suffisamment pour entrer en force la botte au dessus (quand on relâche la pression exercée sur la colonne, celle-ci remonte et la dernière botte se retrouve bien coincée et la colonne bien isolée). 

Pour ce faire, on utilise une planche avec des encoches pour les sangles qui serviront à tasser la colonne.

Ici Samuel à l'oeuvre, venu également en chantier participatif, pour fabriquer la planche adéquate :

 

 

La planche est en place pour la 2ème colonne, au dessus de laquelle on mettra la dernière botte après avoir tassé la colonne avec nos propres poids (une personne de chaque côté en appui sur les sangle avec un système de balançoire. Il faudra ensuite de retirer la planche bien sûr.

A gauche, la dernière botte est déjà mise :


 

Il faut cependant faire attention de ne pas tasser trop fort pour rentrer la dernière botte plus facilement, sinon les bottes n'arrivent à pas à se ré-expanser suffisamment et il peut rester quelques petits vides en haut de la colonne, donc des ponts thermiques, ce qui implique de refaire la colonne (ce qui nous est arrivé pour une colonne...).

 

Cette étape un petit peu plus technique nous a pris quasiment la journée à 4 (Samuel, Simon, Ludo et moi) pour installer toutes les dernières bottes du rez-de-chaussée de la façade Sud, mais quelle satisfaction de voir cette dernière façade achevée !

Voilà ce que cela donne pour une des deux moitiés de cette façade (on peut remarquer grâce aux ficelles que le sens des bottes n'est pas le même que pour les autres façades).

 


 

Merci à Simon et Samuel d'être venus apprendre auprès de nous et pour votre aide, en espérant que cela vous ait enrichi pour vos projets respectifs !

 

 

Murs recouverts par du fermacell :

Les murs de certaines pièces seront en fermacell. Il s'agit des pièces d'eau ou techniques (les 2 salles d'eau, les toilettes, la cuisine et le cellier).

La paille sera recouverte d'enduit (étanchéité à l'air et fonction pare-feu) et des plaques de fermacell seront ensuite fixées, soit pour pouvoir fixer des meubles hauts ou des boîtiers électriques, soit pour créer une protection supplémentaire à l'eau et au feu dans certaines pièces (on est dans une maison en paille, on ne vous avait pas dit ?).

Pour fixer les plaques, il faudra se reprendre dans les montants de bois. Ceux-ci étant moins épais que les bottes, on rapporte une épaisseur de montants sur ceux de l'ossature :

 

 

Et on raccourcit les bottes avec un coup de scie universelle (au lieu de juste les encocher) pour les faire rentrer. Pour le reste, la technique est la même qu'ailleurs !

Voilà le résultat dans la future cuisine (mars 2013) :

 



03/12/2012
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